Panorama MSP : qui domine le marché du RMM en France ?

Longtemps cantonné à quelques pionniers, le modèle MSP s’impose progressivement dans l’écosystème des prestataires IT français. Parmi les outils qui en structurent l’adoption, la solution de supervision et de gestion à distance occupe une place centrale.

Le RMM (Remote Monitoring & Management) constitue aujourd’hui un révélateur du niveau de maturité des entreprises ayant amorcé ou consolidé leur transition vers le modèle managé.

RMM : pivot du modèle MSP

Les premiers outils RMM émergent dans les années 2000, aux États-Unis, avec des éditeurs comme Level Platforms, Kaseya ou N-Able. Leur promesse : permettre aux prestataires IT de surveiller, maintenir et sécuriser les systèmes de leurs clients sans se déplacer. En France, ces technologies se démocratisent au début des années 2010. Au-delà de leur fonction technique, les RMM traduisent un véritable changement de posture. Leur mise en œuvre impose des processus industrialisés, un suivi proactif des parcs clients, ainsi qu’un modèle économique basé sur la récurrence. Pour les structures qui s’y engagent, c’est une étape structurante : investissement logiciel, montée en compétence des équipes, intégration dans les workflows. À l’inverse, les entreprises qui ne franchissent pas ce cap conservent souvent une approche hybride, entre infogérance traditionnelle et prestations ponctuelles.

60% des prestataires français déjà équipés

Selon les premiers résultats du panorama réalisé par le cabinet ndnm, 60,55 % des prestataires interrogés déclarent utiliser une solution RMM. « C’est un bon signal : cela montre que la logique MSP s’est installée dans une majorité des structures interrogées », commente Sébastien Gest, fondateur du cabinet. Toutefois, près de 40 % des répondants (39,45 %) ne sont pas encore équipés. Plusieurs freins sont évoqués : investissement initial, engagement dans la durée (deux à trois ans), nécessité d’adhésion des équipes et d’un important travail de configuration. « Il faut parfois s’engager deux à trois ans dans un produit avant même d’avoir signé un premier client », rappelle Sébastien Gest. Le modèle économique joue aussi un rôle : « Les modèles classiques, facturés à l’agent avec un minimum de 50 agents, freinent l’entrée des plus petits acteurs. »

Trois éditeurs dominent le marché français

Parmi les prestataires équipés, Datto arrive en tête (25,68 %), bénéficiant d’une implantation historique en France et d’un double réseau de distribution (BeMSP, Hermitage Solutions). Il est suivi par NinjaOne (14,67 %), qui se distingue par une stratégie de vente directe, sans distributeur. « NinjaOne démontre qu’un modèle direct peut fonctionner, même face à des éditeurs bien implantés en distribution », note Sébastien Gest. Atera RMM complète le trio de tête (10,09 %), en s’appuyant sur un modèle de facturation atypique, basé sur le nombre de techniciens plutôt que sur le nombre de postes. « Leur approche séduit par sa simplicité et sa flexibilité, ce qui les rend accessibles à un large éventail de prestataires », souligne-t-il. En retrait, N-Able (7,33 %) et SolarWindsRMM (1,83 %) peinent à se hisser au même niveau, malgré leur présence historique sur le marché international.

« Où en est réellement le marché MSP en France ? » : un premier panorama des prestataires IT voit (enfin) le jour

Propos recueillis par Guilhem Thérond, rédacteur en chef de ChannelBiz.

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